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ENS : PARIS – LYON – CACHAN
Coefficient : PARIS :
3 LYON : 1.5 CACHAN : 2
MEMBRES DE JURY : O. DUCHATELLE
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Tiré de l’hebdomadaire Focus,
le texte proposé ne manquait pas d’une certaine insolence vis-à-vis du
« génie du siècle », Albert Einstein, auquel l’année
La traduction n’a pas trop mal réussi à la majorité des candidats. La moitié des 39 copies obtient au moins la moyenne, et 6 copies ont été notées 9/20, ce qui donne une moyenne générale de 9,7/20. Il n’y avait pas de copie blanche. Les notes s’étalent de 02 à 18/20. Dans le détail, cela donne : 6 copies notées de 02 à 05, 14 de 06 à 09, 11 de 10 à 13, cinq copies notées 14/20, trois copies notées entre 16 et 18/20.
Les notes les plus faibles tiennent à la fois à des lacunes de compréhension et à des fautes de français. Il convient ici d’attirer l’attention des candidats sur le fait que la maîtrise de notre langue fait partie intégrante de la notation d’un exercice de traduction. Que penser d’un candidat qui commet des fautes de conjugaison dignes d’un élève de collège, comme « Ce qui est dûe/du à », « comme l’a expliquée Wolf Singer », « Einstein décrivi » etc... ? Trop de copies négligent par ailleurs l’accentuation (accent plat, absence d’accent) ou commettent des fautes d'accentuation ("développèe", "malgrè", "évènement", "à montré", "dûe" etc.). Ces reproches s'appliquent aussi à la ponctuation ("montre, que", "… de l'Institut Max Planck, pour la recherche cérébrale" etc.). De graves erreurs de syntaxe abondent dans certaines copies, en particulier dans l'emploi du groupe verbal ("Les chercheurs ont découvert: …" etc.), du groupe nominal ("Intelligent mais mini-cerveau" etc.) et des prépositions ("Il est difficile à distinguer si" etc.). Les candidats devraient mieux s'entraîner à distinguer le passé simple de l'imparfait: ainsi, en l'absence de marquage temporel précis, "fanden" ne pouvait se traduire par "trouvèrent", en revanche la présence de l'adverbe "einmal" imposait de traduire la séquence "beschrieb einmal so" par le passé simple et non par l'imparfait ("décrivait une fois"). Le subjonctif I "müsse", à la ligne 25, n'équivaut pas à un conditionnel, mais au discours indirect ("selon lui", "d'après …" etc.)
Les erreurs de compréhension tiennent moins à la difficulté
du lexique qu'à des problèmes de grammaire et à un manque de jugeote. C'est
pourquoi il est recommandé de lire le texte plusieurs fois, de s'interroger sur
le sens de ses énoncés, voire d'en faire un petit résumé avant de se lancer
dans la traduction. Ainsi, des traductions comme "Le génie
centenaire" pour "Das Jahrhundert-Genie",
"art" ou "médecin" pour "beschrieb
seine Art zu denken",
ou encore "pour le reste de sa vie" pour "bis zum 20. Lebensjahr",
auraient pu être utilement corrigées. Les inexactitudes ont essentiellement
porté sur les adverbes et les adjectifs ("männlich",
genauso", "sonst üblich", "bestimmt", "seitlich").
En particulier l'adverbe "zudem" a été à
l'origine de nombreux contresens ("à celle-ci" etc.). Les candidats
sont appelés à faire preuve d'une certaine sensibilité par rapport au style et
au ton du texte; si les traductions de la séquence "…war
nur eine halbe Portion" par " un cerveau deux fois moins
gros que la normale / de petite taille / [qui] occupait un petit volume"
respectaient globalement le sens de l'énoncé, elles en gommaient toute
l'ironie. Enfin, les germanismes et les traductions littérales abondent dans
certaines copies et nuisent à la compréhension
("explication pour" pour "Erklärung
für", "son art de penser" pour "seine
Art zu denken",
"commencer avec cela" pour "damit anfangen" etc.). Le nom de la ville "Frankfurt am Main" (ligne 22) a donné lieu aux traductions et
aux orthographes les plus fantasques, ce qui témoigne d'une singulière
méconnaissance de la civilisation allemande ("Franckfort
dans le Main", "Frankfurt à Main", "Francfort, en
Main", "Frankfort sur
S'il ne compte que pour un quart de la note, l'essai permet d'améliorer facilement celle-ci, à la condition de respecter la longueur indiquée (100 mots minimum) et de rédiger un propos clair et structuré dans le respect des règles les plus élémentaires de la grammaire (propositions infinitives, déclinaisons, masculins faibles, pronom indéfini "Man", anglicismes en tous genres, etc.). Nous recommandons aux candidats de faire des paragraphes, une introduction et une conclusion. Il s'agit également de répondre à la question posée, sans abuser du délayage ni de la reprise des mots et phrases du texte de la version, et enfin de ne pas confondre essai et explication de texte. Si les candidats ont bien vu, dans l'ensemble, que le concept d'intelligence était susceptible des interprétations les plus variées, trop peu d'essais ont en revanche insisté sur les dangers qu'il y avait à chercher à donner une mesure exacte de l'intelligence: qui se chargerait de cette tâche, par quels moyens, et surtout dans quel but?